20 au 24 avril
La hausse des prix de l’énergie due au blocage du détroit d’Ormuz affecte particulièrement les cours du kérosène, poussant les compagnies d’aviation à augmenter leurs tarifs et à supprimer des vols. Une prolongation de la crise aura-t-elle un effet sur les vols touristiques ? Après le temps d’arrêt dû aux confinements sanitaires, l’économie du tourisme était repartie rapidement à la hausse et avait même déjà dépassé les niveaux d’avant-Covid. Mais la concentration des visites sur quelques lieux emblématiques produit localement un surtourisme qui risque paradoxalement d’effacer la couleur locale qui en fait pourtant l’attrait. Peut-on échapper à ce paradoxe de la mondialisation du tourisme ?
En attendant que les négociations entre les Etats-Unis et l’Iran reprennent au Pakistan, le détroit d’Ormuz reste fermé, prolongeant l’incertitude sur les prix de l’énergie. Les pays d’Asie sont particulièrement dépendants des pays du Golfe pour leur approvisionnement en gaz et en pétrole. Ces pays sont pourtant aussi ceux qui ont fait les plus importants efforts ces dernières années pour développer les énergies décarbonées. Mais la transition est par nature lente, rappelle Romain Blachier en passant en revue les grandes économies asiatiques et leur dépendance aux hydrocarbures. Curieusement, rappelle-t-il également, la situation en France est pratiquement à l’opposé : nous disposons d’une abondante production d’énergie décarbonée mais, faute d’électrifier nos usages assez rapidement, notre balance commerciale et le pouvoir d’achat des ménages sont toujours dépendants des aléas géopolitiques affectant le marché mondial du pétrole.
Partout dans le monde, le développement du tourisme affecte les sites les plus populaires, au point parfois de les rendre méconnaissables ou de réduire l’expérience de la visite à un produit standardisé qui perd son intérêt. Pour contrer les inconvénients du surtourisme, les chercheurs en urbanisme Carlo Ratti et Richard Florida ont travaillé sur une vaste collecte de photographies des locations touristiques pour voir si l’uniformisation marchande du tourisme les touchait. La corrosion culturelle, selon eux, n’est pas une fatalité, ce qui ouvre des pistes pour mieux réguler les afflux touristiques dans les villes.
En France, l’arsenal répressif contre les drogues ne cesse de se renforcer tandis que la consommation progresse tout aussi régulièrement. Elle se diversifie, se banalise et se propage socialement. Au lieu du discours de panique morale, culpabilisateur et hors-sol, qui accompagne habituellement ce constat, nous devrions plutôt engager un large débat démocratique sur ce sujet, propose Florian Guyot. En commençant par examiner les présupposés de la politique actuelle qui, faute d’examen sérieux et de remise en cause, conduisent aux mêmes actions routinières qui ont pourtant largement démontré leur impuissance jusqu’à présent.
Aggravés par l’« effet instagram » qui concentre l’affluence dans quelques lieux considérés comme typiques, les dégâts du tourisme s’accentuent dans les villes à travers le globe. Le pittoresque se banalise, amplifiant une crainte d’uniformisation générale des lieux. Pourtant, une vaste étude à partir de photographies d’intérieurs de logements montre que le caractère singulier des villes résiste à la mondialisation touristique. Ce qui donne des pistes pour modérer l’effet du tourisme sur les villes et mieux en orienter les bénéfices.
Ce sont avant tout les pays asiatiques qui sont les plus exposés à la crise énergétique de la fermeture du détroit d’Ormuz. Bien que plusieurs économies majeures de la région soient particulièrement avancées dans la transition énergétique, elles dépendent encore largement des énergies fossiles. Tour d’horizon de l’impact du blocage actuel sur les principales économies asiatiques.
La stratégie française de lutte contre la toxicomanie repose sur trois présupposés : un jour les drogues illicites disparaîtront ; on peut détourner les consommateurs de leur addiction par des arguments moraux ; on peut lutter efficacement contre les points de deal sans vision de long terme. Or, aucune de ces idées ne résiste à un examen sérieux. Les substances psychoactives ne sont pas un monde à part dont on peut réduire l’emprise sans porter en même temps un regard réaliste sur l’évolution de l’ensemble de la société et sur les maux qui la traverse. Pour avancer et construire une stratégie durable, il est nécessaire qu’un véritable débat public, démocratique puisse avoir lieu.
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