2 au 6 mars
Il sera difficile de tirer des leçons politiques d’ensemble des élections dans 34 746 communes, dont la moitié compte moins de 500 habitants. Cependant, au-delà des situations locales, les rapports de force qui transparaîtront donneront une coloration politique à l’avant-élection présidentielle qui s’annonce. On peut anticiper des cas de recul pour les partis les mieux implantés et des messages faciles de victoires, même isolées, pour les extrêmes qui n’ont jamais réussi, jusqu’à présent, à convaincre les électeurs de l’intérêt de leur programme à l’échelle locale. En l’absence de majorité parlementaire et avec un Président en fin de mandat, le vote sanction de l’exécutif sera sans doute marginal. Ce qui renforce la possibilité de se prononcer vraiment sur les programmes locaux. Mais les électeurs ont-ils vraiment entendu parler de ces élections à travers les médias ?
Le Rassemblement national, malgré des résultats en progression lors des élections nationales, n’a pas réussi, jusqu’à présent, à reproduire ses bons scores à l’échelle locale, comme si les électrices et électeurs manifestaient leur défiance vis-à-vis de ce parti quand il s’agit de leur vie quotidienne et des enjeux locaux qu’ils connaissent bien. Le « plafond de verre » des municipales se vérifiera-t-il à nouveau cette année ou le prochain vote confirmera-t-il l’implantation locale de l’extrême droite ? Après avoir examiné les arguments qui peuvent faire penser que cette élection pourrait marquer un tournant, Emmanuel Négrier rappelle toutes les limites de ce parti. Mais il suffirait d’une victoire symbolique dans une ville importante pour permettre au parti de crier victoire.
Alors qu’en 2020, la question climatique était très présente dans les campagnes municipales, ce qui avait permis aux écologistes de gagner une série de grandes villes, elle semble moins présente cette année. Une impression de sur-place vient parfois des résultats diplomatiques laborieux des COP annuelles. En proposant une vision d’ensemble du processus des COP, Yann Françoise permet de mieux en comprendre les axes directeurs et les avancées, qui sont réelles. Processus international négocié, fondé sur les données de la science, la coordination de la lutte contre le changement climatique est nécessairement lente et modeste mais elle n’en est pas moins en cours depuis 1992.
Les négociations commerciales internationales sont également des processus lents et complexes. Le cas de l’accord entre l’UE et les pays du Mercosur en est un bon exemple. Edouard Gaudot se demande si l’accord, dont les premières négociations ont commencé dans un contexte mondial complètement différent, où les acteurs européens se berçaient encore des promesses de la « mondialisation heureuse », n’est pas aujourd’hui anachronique. Réciproquement, la fermeture brutale des Etats-Unis peut aussi justifier la recherche de partenaires commerciaux en dehors du confit sino-américain qui ne fait que s’amplifier.
L’accord commercial entre l’Union européenne et l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay reste très discuté. Entamée en 1999, la négociation n’a abouti cette année que dans un contexte international complètement chamboulé, avec la guerre commerciale voulue par Trump et l’utilisation par la Chine de sa puissance économique à des fins géopolitiques. Les Européens ont-ils pris la mesure de ce retournement ou restent-ils enfermés dans les chimères anachroniques de la « mondialisation heureuse » ?
Les COP se suivent mais la dynamique de lutte contre le chaos climatique se maintient-elle ? Les bilans de chacun de ces rendez-vous mondiaux du climat apparaissent souvent décourageants ou difficiles à interpréter. Lâché par les Etats-Unis et mis en cause par les climatonégationnistes le GIEC et les sciences du Climat sont financièrement fragilisés. Dans une perspective plus longue, cependant, les avancées sont réelles et, surtout, la mobilisation ne vient plus uniquement des Etats.
Après de bons résultats électoraux aux élections européennes et législatives, le RN va-t-il démontrer sa capacité d’implantation locale aux élections municipales qui arrivent ? Par le passé, le RN a déjà affiché ses ambitions communales sans transformer l’essai. A-t-il davantage de raisons d’y croire en 2026 ? Plusieurs arguments sont généralement avancés pour démontrer que, cette fois-ci, la prophétie va enfin se réaliser. Mais certains laissent sceptique.
Série « Pour une refondation de la politique de logement » Logement social : un modèle à conforter mais des corrections nécessairesPar Bernard Coloos et le groupe Logement de Terra Nova Souvent considéré comme daté et coûteux, le logement social a pourtant fait ses preuves. Si le secteur doit évoluer, les contraintes de financement et d’organisation qui lui ont été imposées depuis 2017 ne répondent pas aux défis actuels ni aux besoins des 11 millions de locataires en place. Comment concilier la stabilité du secteur avec une plus grande souplesse et une meilleure efficacité pour répondre au mieux aux ménages aux revenus modestes en attente d’un HLM ? |
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