7 au 10 avril
Après un message de menace ouvertement génocidaire à l’encontre de la population iranienne, le Président américain a annoncé un accord de cessez-le-feu de dernière minute avec les autorités de Téhéran. Si cet accord a le mérite de laisser entrevoir une prise de conscience de l’impasse stratégique de l’opération « Fureur épique », la base de négociation reste particulièrement incertaine. L’imprévisibilité de Trump, génie tactique autoproclamé, montre ses limites quand il s’agit de construire des accords durables dans une région depuis longtemps en quête de stabilité.
En acceptant de suivre Benjamin Nétanyahou dans son offensive contre l’Iran, Donald Trump a montré, une fois de plus, le peu de cas qu’il faisait des institutions de son pays puisqu’il n’a même pas consulté le Congrès. C’est un exemple supplémentaire de la dérive antilibérale initiée et renforcée jour après jour par le Président américain. Une étude internationale comparant les systèmes démocratiques montre l’ampleur de la régression américaine, passée en quelques mois de la 20e à la 51e place parmi les démocraties mondiales. Mais c’est aussi la faible réaction, pour ne pas dire la complaisante inertie, des contre-pouvoirs censés équilibrer l’exécutif, qui explique ce résultat catastrophique. Si les élus du peuple ne cherchent même pas à défendre les prérogatives que leur garantit la Constitution, l’érosion démocratique voulue par Trump ne peut que se poursuivre.
L’opération « Fureur épique » contre l’Iran a été initialement justifiée par la perspective d’un changement de régime, non sans revirements, confusions et contradictions. Peu de scénarios paraissent néanmoins crédibles proposant une alternative au régime des mollahs. Ces derniers mois, le fils du dernier Shah d’Iran, Reza Pahlavi, s’est manifesté, se disant prêt à revenir dans son pays. Qui est-il ? Quel est son parcours ? Quel est son projet ? Le journaliste franco-israélien Michel Taubmann, qui a publié un livre d’entretien avec lui, présente ici la personnalité de cet exilé qui se présente comme une alternative à la théocratie au pouvoir à Téhéran depuis 1979.
En France, le bilan des élections municipales montre les bons scores réalisés par les candidates et les candidats de La France Insoumise auprès des jeunes électrices et électeurs. Pour Guillaume Duval, cette préférence électorale s’explique par une contradiction qui n’a cessé de s’aggraver entre leur formation, qui a élevé leurs aspirations professionnelles, et la réalité du monde du travail, où diverses mesures favorisent les emplois faiblement rémunérés. Il est vain de prétendre répondre à LFI sans trouver une issue au sentiment de déclassement que vit une partie de la jeunesse.
Les résultats de la France Insoumise aux élections municipales ont souvent été surinterprétés sur la base de quelques cas emblématiques comme la ville de Saint Denis ou celle de Toulouse alors qu’ils restent le plus souvent en retrait sensible par rapport à la Présidentielle de 2022 ou aux Européennes de 2024. Il n'empêche : ces élections ont confirmé l’ancrage territorial incontestable de LFI et la résilience de son électorat dans la jeunesse et les quartiers populaires malgré le pilonnage subi à la suite de la mort de Quentin Deranque et des multiples dérapages de Jean-Luc Mélenchon. Si la gauche non mélenchoniste veut reconquérir les jeunes et les classes populaires qui lui font défaut, il lui faut comprendre les raisons qui poussent ces électeurs dans les bras de La France Insoumise et répondre sur le fond et dans sa pratique à ces préoccupations.
Que peut-on penser d’une hypothèse Reza Pahlavi quand on s’interroge sur l’issue de ce qui se joue en Iran ? Difficile d’y voir clair car de nombreux scénarios restent ouverts et que le fils de l’ancien Shah reste une énigme. Pour le grand public, il n’est entré que récemment dans la lumière et en est peut-être déjà sorti. D’où l’intérêt d’écouter Michel Taubmann qui est journaliste et militant de la paix au Moyen-Orient : il est en effet un des Français qui connaît le mieux Reza Pahlavi. Il a notamment publié un livre d’entretiens avec lui, Iran, l’heure du choix (Denoël, 2009) et l’a interviewé à plusieurs reprises, notamment en février pour la revue Politique Internationale.
Le dernier rapport V-Dem, qui évalue la vitalité de la démocratie dans le monde, révèle que les États-Unis ont chuté de la 20e à la 51e place du classement mondial en seulement douze mois. Ce déclin démocratique accéléré est alimenté par un Congrès qui « a abdiqué son rôle de contre-pouvoir ». Si les contre-pouvoirs capitulent face au pouvoir exécutif, la démocratie américaine pourra-t-elle survivre aux coups de boutoir de Donald Trump ?
Série « Pour une refondation de la politique de logement » Quelle politique de transition énergétique dans les bâtiments résidentiels ?Par Bernard Coloos et le groupe Logement de Terra Nova Les objectifs de réduction des émissions de GES apparaissent particulièrement ambitieux dans le secteur du logement. Les rénovations des bâtiments impliquent des opérations massives et coûteuses, difficiles à industrialiser, à faire accepter et à financer. Il y a pourtant beaucoup à gagner, en termes de qualité de vie et de niveau de vie, à mener ces transformations que les pouvoirs publics doivent impulser et accompagner. |
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