9 au 13 février
Tout juste sorti d’un interminable débat budgétaire au Parlement, le Premier ministre veut montrer qu’il peut reprendre l’initiative et parer tout risque d’immobilisme jusqu’en 2027. Pourtant, entre les élections municipales, la fin de la session parlementaire et… le retour de question budgétaire pour 2027, son espace de manœuvre est limité. Mais, surtout, le budget actuel ne corrige en rien une trajectoire budgétaire insoutenable à terme. « L’objectif de déficit à 5% sera respecté » annonce le ministre de l’économie, comme si cet objectif était enviable !
Diagnostic convergent, remèdes opposés. La publication non coordonnée et presque simultanée en novembre et décembre derniers de deux notes consacrées au problème de la dette par Terra Nova et par l’Institut Montaigne rappelait l’importance du sujet, trop éclipsé par les aléas du vote du budget au Parlement. Le budget 2026 ne fait que reconduire les difficultés alors que l’effort à fournir pour maîtriser notre dette s’annonce considérable. Nous publions cette semaine un débat contradictoire entre Nicolas Laine, auteur de la note Budget base zéro : décider sous la contrainte de l’Institut Montaigne, et Guillaume Hannezo, auteur de la de Terra Nova Comptes publics : en finir avec le n’importe quoi (qu’il en coûte). Cet échange permet d’expliciter le désaccord entre les deux approches. Mais un constat s’impose : le sujet nous rattrapera en 2027 au plus tard.
Pour le moment, ce sont les élections municipales qui dominent l’actualité politique. En réponse à une note de Jean-Louis Missika sur la révolution des mobilités à Paris, le président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT), François Deletraz, regrette pour sa part le peu de place accordé à la circulation en bus dans Paris, qui a largement pâti des aménagements parisiens. Le bus fait pourtant partie des moyens de transports collectifs indispensables à une bonne desserte de la ville et particulièrement pour des catégories qui ont du mal à se déplacer, comme les personnes âgées, les familles avec poussette ou encore les personnes handicapées.
Les municipalités ont longtemps eu une politique active en faveur des colonies de vacances. Alors que plusieurs indices préoccupants signalent un moral en berne chez les jeunes et que les pouvoirs publics cherchent à recréer du lien civique au sein de la jeunesse, les colonies de vacances en plein air ont longtemps permis un brassage social et culturel donnant le goût de la vie collective, défend David Cluzeau. Après l’échec coûteux du Service National Universel, une relance des colonies de vacances pourrait répondre à une large aspiration de la jeunesse.
L’actualité politique est aussi dominée par les ondes de choc provoquées par l’ouverture à Washington du dossier Epstein. Parmi de multiples interrogations qui émergent des révélations en série issues de ces archives se trouvent les liens éventuels d’Epstein avec la Russie, pointée par le premier ministre polonais Donald Tusk. Cela signifie-t-il, se demande le spécialiste britannique d’études stratégiques Philipps O’Brien, que par son intermédiaire, les Russes détiennent des kompromats sur Trump ? Et que cela pourrait expliquer sa propension illimitée à se laisser humilier par Poutine sur le dossier ukrainien ?
Les colonies de vacances ont longtemps été un lieu essentiel de brassage social, géographique et culturel. Aujourd'hui confrontées à une baisse des financements publics et à un désengagement des communes, les colonies de vacances ne peuvent plus offrir des vacances de plein air qu'à un nombre décroissant d'enfants. Pourtant, une politique ambitieuse, dans l'héritage de l'éducation populaire, répondrait beaucoup mieux que d'autres initiatives à promouvoir, au-delà de l'accès aux loisirs, un sens de la rencontre et de la vie collective.
Il est difficile de comprendre pourquoi le Président américain, si susceptible et imbu de lui-même, accepte sans broncher les humiliations que lui inflige Vladimir Poutine. Une explication pourrait se trouver dans des documents compromettants que les Russes détiendraient sur lui. Les révélations du dossier Epstein renforcent cette hypothèse.
La note d’éclairage "Budget base zéro : décider sous la contrainte", de l’Institut Montaigne, et celle de Terra Nova "Comptes publics : en finir avec le n’importe quoi (qu’il en coûte)", publiées à quelques semaines d’intervalle fin 2025, alertent face à l’état critique des finances publiques de la France. Si les deux notes convergent sur le montant des économies à effectuer, elles envisagent des voies différentes pour sortir de l’ornière. Alors que le budget de l’État pour 2026 vient d’être adopté, à la suite d’un laborieux marathon budgétaire qui ne pourra résoudre des défis désormais bien connus, Guillaume Hannezo de Terra Nova et Nicolas Laine de l’Institut Montaigne débattent sur le diagnostic et les pistes à mettre en œuvre pour redresser la barre.
En se félicitant des réussites de la révolution des mobilités à Paris, Jean-Louis Missika a laissé de côté le sujet pourtant essentiel de la circulation en bus. Moins cher que le métro et plus accessible pour une partie des usagers, il a subi un désintérêt évident de la mairie alors qu’il reste indispensable dans l’offre publique de transport.
Série « Pour une refondation de la politique de logement » Droit(s) de propriété et (nouveaux) objectifs d’intérêt généralPar Bernard Coloos et le Groupe Logement de Terra Nova Pour améliorer la situation de logement de nombreux ménages, il faudrait pouvoir faire des réformes qui touchent, directement ou indirectement, au droit de propriété : précarité et exclusion du logement, propriétés dégradées, mobilisation du foncier pour construire ou encore fiscalité inadaptée. Si les inerties sont nombreuses, pour des raisons tant juridiques qu’économiques, des pistes d’évolutions sont néanmoins possibles. |
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